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DÉCRYPTEZ AVEC « PLACE DE LA SANTE »

DÉCRYPTEZ AVEC « PLACE DE LA SANTE »

21 févr. 2017
DÉCRYPTEZ AVEC « PLACE DE LA SANTE »

La plateforme collaborative « Place de la Santé » créée par la Mutualité Française connaît un franc succès, en réunissant plus de 150 000 visiteurs depuis son lancement en décembre 2016. Les citoyens ont pu y découvrir le décryptage des programmes qu'envisagent les candidat.e.s à l'élection présidentielle pour l'avenir de la protection sociale, et faire part de leurs attentes, de leurs préoccupations, de leurs suggestions… 200 interpellations ont été déposées. 

Cette phase d'écoute des concitoyens s'est concrétisée le 21 février 2017 par l'organisation d'une matinée de débats au Palais Brongniart, afin de soumettre ces interpellations aux candidat.e.s. et leur permettre de s'exprimer sur leur programme.


Le point de vue de La Mutuelle Familiale

L'organisation du système de protection sociale en santé est pour une fois au coeur de la campagne de l'élection présidentielle. C'est une préoccupation majeure des Français alors que s'accroissent les inégalités d'accès à la prévention et aux soins. Mais quelle réforme promouvoir ? 

L'Assurance maladie obligatoire affaiblie et dénaturée ne joue plus le rôle qui devrait être le sien. Faut-il pour autant transférer de nouvelles charges sur les organismes complémentaires et les ménages ? En aucun cas.

L'Assurance maladie obligatoire doit redevenir le pilier de la protection sociale en santé et mieux rembourser les soins courants. Cependant, peut-on concevoir qu'elle soit l'acteur exclusif de la prise en charge des dépenses de santé ? Le président de la Mutualité Francaise dans une interview aux Echos, le 19 janvier 2017, à déclaré que cela est "insoutenable et infaisable". Le premier problème est financier. L'Assurance maladie obligatoire est minée par les déficits : 4 milliards d'euros en 2016 et 120 milliards cumulés.

Qui peut penser qu'elle pourrait absorber les quelques 42 milliards d'euros que prennent en charge actuellement les organismes complémentaires et les ménages ? Quelles recettes supplémentaires seraient mises en place pour absorber ces dépenses ?

Laisser entendre qu'il suffirait d'éliminer les 6,8 milliards d'euros de frais de gestion des organismes complémentaires pour résoudre le problème est pour le moins simpliste. Ces frais de gestion ne sont pas de même nature que ceux de la Sécurité sociale et représentent des emplois et des dépenses utiles. De toute façon on reste loin du compte.

" Si l'idée d'un remboursement à 100% par la Sécurité sociale est à priori séduisante, 
encore faut-il préciser 100% de quoi ? "

Mais le problème n'est pas uniquement financier. Certains proposent que la Sécurité sociale devienne elle-même un assureur complémentaire. Rappelons qu'il s'agit là d'une activité concurrencielle régie par les directives d'assurance européennes.
Veut-on placer sous ces règles l'Assurance maladie obligatoire ? Veut-on aiguiser l'appétit des sociétés d'assurance qui auraient beau jeu alors de demander que tout le système, obligatoire et complémentaire, soit concurrentiel.

" Enfin faut-il rappeler que les mutuelles proprement dites sont des
acteurs solidaires et démocratiques
différents des sociétés d'assurance et des institutions de prévoyance ? "

Devrait-on désormais ne jurer que par l'Etat et sacrifier une forme d'économie sociale et solidaire particulièrement innovante dans le domaine sanitaire et social ? Ou ne vaudrait-il pas mieux organiser le système de santé en renforçant le partenariat entre l'Assurance maladie obligatoire et les mutuelles ? 
 

" La Sécurité sociale doit répondre à un véritable projet de société "

La tribune de La Mutuelle Familiale sur Place de la Santé

La Sécurité sociale, ainsi que ce fut le cas à sa création, ne doit-elle pas répondre à un véritable projet de société, sur la base des valeurs de solidarité, de démocratie et d'universalité : protéger les personnes, développer leurs capacités, renforcer la justice sociale, renouer avec le progrès social, recréer du lien social ?

Définir et faire vivre un tel projet ne nécessite-il pas des formes renouvelées de démocratie représentative et participative, donnant à chacun la possibilité d'être auteur et acteur d'une Sécurité sociale moderne ?

Celle-ci ne doit pas seulement avoir une fonction réparatrice. La prévention des risques n'est-elle pas essentielle pour permettre à chacun de vivre mieux et agir efficacement sur la dépense sanitaire et sociale ?

Son financement ne doit-il pas être considéré un investissement et non comme une charge ? Son financement ne doit-il pas solliciter l'ensemble des richesses produites et prendre en compte la mieux-value sociale et environnementale des entreprises ?

La Sécurité sociale ne doit-elle pas s'inscrire dans une logique de développement durable, reposant sur la cohérence des enjeux économiques, sociaux et environnementaux ?

La Mutualité, qui partage les mêmes valeurs que la Sécurité sociale, est le partenaire naturel de celle-ci. Sa capacité d'initiative doit être favorisée, son caractère de mouvement social renforcé.

La segmentation actuelle de la complémentaire santé va à l'encontre des principes de mutualisation, de solidarité et d'universalité.

La généralisation, nécessaire, de la complémentaire santé doit se faire sur des bases nouvelles et passe par une réduction massive des taxes actuelles. Les aides publiques, qui bénéficient essentiellement aux contrats collectifs obligatoires, doivent faire place à un système unique de crédit d'impôt ou de chèque santé, tenant compte des ressources des personnes.

Tribune de La Mutuelle Familiale à retrouver sur le site Place de la Santé.