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Le Premier ministre ne répond pas

Le Premier ministre ne répond pas

27 juin 2016
Le Premier ministre ne répond pas

Réunie en Assemblée générale à Paris le 23 juin 2016, la Mutualité Française a élu un nouveau président en la personne de Thierry Beaudet, président de la MGEN. Il succède à Etienne Caniard qui, avant de quitter son mandat, a accueilli le Premier ministre, invité à s'exprimer devant les délégués.

Etienne Caniard a rappelé l'originalité du modèle mutualiste et les pratiques solidaires de la mutualité. Il a interpellé Manuel Valls sur la multiplication des dispositifs d'accès à la complémentaire santé. Il en résulte une segmentation des contrats et des populations qui affaiblit la solidarité, car elle contribue à « chasser le mauvais risque », c'est à dire les plus fragiles.

Point de vue de La Mutuelle Familiale

Ce constat est partagé par La Mutuelle Familiale. Sa présidente Léonora Trehel a dénoncé le 21 juin, lors de l'Assemblée générale de la mutuelle, « la stratégie de rupture de la solidarité menée par le gouvernement ». Elle s'est inquiétée devant la mise en place d'une « architecture de protection sociale à l'américaine : d'un côté l'aide publique aux plus pauvres, de l'autre l'aide publique aux plus âgés et entre les deux un système de protection sociale privée lié à la branche professionnelle ou à l'entreprise, dans un contexte d'affaiblissement du régime obligatoire de l'Assurance Maladie ».

Le Premier ministre a certes rendu hommage à l'action de la mutualité et s'est engagé à faire aboutir la réforme du Code de la mutualité. Il s'est félicité de la réduction du déficit de l'Assurance Maladie » sans jamais réduire la couverture sociale des Français et sans nouvelle taxe sur les complémentaires ». C'est oublier un peu vite que cette couverture est devenue plus disparate, que sa dimension collective est affectée et qu'elle ne répond plus aux besoins. C'est oublier également que le Président de la République n'a pas honoré sa promesse de baisser les taxes.

Sur le fond Manuel Valls n'a pas répondu aux craintes des mutualistes sur la segmentation de la complémentaire santé. Il a promis une « stabilisation » de l'environnement, mais celui-ci a rarement été aussi périlleux pour la solidarité.